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Troubles de l'apprentissage

Les troubles du langage écrit

Les troubles du langage écrit (TLE) désignent les difficultés d’apprentissage et d’assimilation des compétences et connaissances relatives à la lecture (dyslexie), l’expression écrite dans son ensemble (dysorthographie) ou l’écriture (dysgraphie). Parfois décelés tardivement, c’est-à-dire à l’âge adulte, ils peuvent être la cause d’un illettrisme ou de problèmes d’insertion sociale et/ou professionnelle. Leur diagnostic et prise en charge précoce, dès les premières années d’enseignement de l’enfant, permet d’éviter de futures difficultés scolaires, voire des troubles du comportement.

Les troubles du langage écrit peuvent être distingués selon deux critères :

  • L’enfant est dépourvu d’altération des fonctionnalités motrices, psychologiques, sensorielles ou neurologiques
  • Il présente un empêchement lié à une affection : autisme, trouble de la vision ou de l’audition, déficience intellectuelle…

 

Des carences affectives ou un environnement socio-culturel perturbé peuvent favoriser l’apparition des TLE. On parlera de troubles du langage écrit lorsque les difficultés rencontrées sont durables et persistent sur un laps de temps de plus de six mois malgré une prise en charge ciblée. L’intelligence de l’enfant n’est en aucun cas à remettre en question. Le dysfonctionnement ne concerne pas l’ensemble de la cognition. Aussi, et afin de définir les soins les plus adaptés, on s’assurera de l’origine du trouble. Pour cela, un médecin généraliste ou un pédiatre seront à même de réaliser une pré-évaluation et d’orienter le patient vers un spécialiste si besoin, dans le but d’effectuer un bilan pluridisciplinaire. Celui-ci peut être mené par un médecin et un psychomotricien, un ergothérapeute ou encore un orthophoniste.

La dyslexie, trouble de la lecture

La dyslexie est évoquée lorsque l’on note une lecture lente et compliquée pour l’enfant. On relève également un rapport difficile aux différents aspects du langage. La qualité de lecture est insatisfaisante. La dyslexie peut être légère, moyenne ou sévère, et peut prendre des formes diverses :

  • La dyslexie visuelle renvoie à un dysfonctionnement visuel lié à des troubles de l’attention. Elle se traduit par exemple par des oublis de mots, des inversions, etc.
  • La dyslexie de surface est un trouble lexical. Elle entraîne une difficulté à reconnaître la forme globale des mots ainsi qu’une confusion dans l’identification des lettres graphiquement similaires, comme le « p » et le « q » ou le « b » et le « d ».
  • La dyslexie phonologique concerne l’absence de lien entre graphèmes et phonèmes : l’enfant éprouve des difficultés à assimiler les lettres à un son, d’où les difficultés orthographiques souvent liées.
  • La dyslexie mixte touche à la fois les biais lexicaux et phonologiques. C’est la forme de dyslexie la plus souvent rencontrée.

La dysorthographie, trouble de l’orthographe et expression écrite

La dysorthographie désigne les difficultés à acquérir et assimiler les règles orthographiques, mais aussi à les comprendre. Les mots écrits ne sont pas précis. Ce TLE peut être présent sans trouble de la lecture. Comme la majorité des troubles -dys, la dysorthographie n’est pas liée à une déficience intellectuelle.

  • La dysorthographie phonologique est évoquée lorsque le mot écrit ne correspond pas à sa prononciation.
  • La dysorthographie de surface correspond à une difficulté à mémoriser la forme des mots. Ainsi, le mot écrit par l’enfant sera mal orthographié, mais correspondra sur le plan phonétique.

Dans les deux cas, la relation entre phonème et graphème ne sera pas maîtrisée.

La dysgraphie, trouble de l’écriture

Elle renvoie directement à l’écriture dans toute sa technicité. Le geste graphique impacte fortement la lisibilité de la production écrite. Les lettres sont mal formées, qu’il s’agisse de majuscules (écriture « en bâtons ») ou de minuscules (écriture reliée), ne suivent pas les lignes du cahier, les espaces ne sont pas respectés, la mise en page est imprécise, etc. Sur le plan cognitif, l’exercice de l’écriture est épuisant pour l’enfant et lui demande un effort trop important.

La dysgraphie peut être :

  • Crispée : lettres anguleuses, strictes.
  • Molle : production écrite peu soignée, négligée.
  • Impulsive : mots écrits à la hâte et illisibles.
  • Maladroite : lettres non organisées, aux directions différentes.

Comment se manifeste le trouble de l’apprentissage du langage écrit ?

Le TLE se manifeste différemment selon qu’il renvoie à une dyslexie, une dysorthographie ou une dysgraphie. Le dénominateur commun à ces empêchements sera la difficulté éprouvée dans les disciplines que sont la lecture et l’écriture dans leur globalité. En outre, les troubles sont identifiables lorsque les capacités de l’enfant ne suffisent pas à répondre aux exigences de l’enseignement.  

Difficultés relatives à la lecture

La dyslexie témoigne de ses effets de diverses manières. Ainsi, la lecture est bien souvent lente, et s’accompagne d’une absence de compréhension du texte. En outre, l’enfant ne va pas parvenir à assimiler, simultanément à sa lecture, les éléments et informations transmis par le contenu textuel. Les graphèmes sont mal associés aux phonèmes et rendent la lecture laborieuse. Les omissions ou inversions de sons sont également fréquentes, tout comme la confusion des termes similaires. Outre la compréhension d’un récit, l’assimilation des règles d’un exercice devient également compliquée pour l’enfant qui est sujet à une véritable difficulté à reconnaître les mots.

Tous ces éléments ne doivent pas nécessairement s’additionner dans un contexte de diagnostic de dyslexie, ils peuvent bien entendu être isolés. Par ailleurs, la lecture est étroitement liée à toutes les matières scolaires, même scientifiques (énoncé d’un problème arithmétique par exemple), et est indispensable dans la vie courante. Sa non-acquisition est hautement préjudiciable, c’est pourquoi il est indispensable de faire suivre son enfant par des professionnels. Encore une fois, consulter un expert ne signifie pas que votre enfant présente un quelconque retard intellectuel.

Difficultés relatives à l'écriture

La dysgraphie se traduit par une incapacité à former les lettres et à respecter l’espace défini par les règles graphiques. Cela signifie que les espaces entre les mots seront aléatoires, les accents mal positionnés, les lettres ne suivront pas les lignes et interlignes, etc. L’écriture est illisible et lente, la copie est parsemée de ratures, la ponctuation est absente. On note un manque de spontanéité dans le tracé des lettres. L’ensemble du texte sera donc difficilement compréhensible. De même, la rédaction constituera une véritable épreuve pour l’élève puisque la dysgraphie peut s’accompagner de douleurs dans les doigts ou la main. Elle cause également une grande fatigue, en raison de l’intense sollicitation du cerveau dans cet effort.

Dans un contexte de dysorthographie, la production écrite sera difficile d’un point de vue littéraire. Le respect des règles de grammaire et d’orthographe n’est pas acquis. Le son ne correspond pas au mot écrit. Un enfant atteint de ce trouble ne voit pas où doivent se faire les accords, par exemple. On relève également une inversion des lettres, une confusion entre les phonèmes proches ou même homophonique, ou encore des erreurs dans le recopiage des mots. Le découpage des mots peut aussi se manifester dans ce cas de TLE : « unponey » pour « un poney ».

Comment appréhender ce trouble avec votre enfant ?

De nombreux enfants souffrant de TLE ont bien souvent en commun des difficultés de mémorisation ainsi qu’un vocabulaire relativement limité pour leur âge. Les mécanismes de compensation mis en place inconsciemment par l’élève pour pallier ses propres lacunes font qu’il est parfois compliqué de déceler le trouble du langage écrit de manière précoce ou durant la phase d’apprentissage de la lecture et de la graphie. Aussi, certains ne sont diagnostiqués qu’en CM1 ou en CM2. Cependant, il est possible d’atténuer nettement, voire de corriger dans certains cas, les difficultés vécues par votre enfant, notamment grâce à un suivi optimal. Les orthophonistes et ergothérapeutes figurent parmi les professionnels de santé les plus sollicités dans un contexte de TLE. De manière générale, les troubles de l’apprentissage de tous types constituent un motif réel de consultation d’un expert.

Sur le plan médical, et pour apprendre au patient à se relaxer afin de contrôler ses gestes et de se concentrer sur sa tâche, des exercices, activités et jeux peuvent être mis en place. Cela contribuera également à développer sa motricité fine. Le réapprentissage par le jeu (dessins et coloriage, animation extérieure etc…) offre l’avantage d’être ludique et de présenter un intérêt pour l’enfant. Les professionnels privilégient la qualité à la quantité : cela valorise le jeune  patient et lui évite de tomber dans un cercle vicieux de démotivation/manque de confiance en ses capacités. Ils sont également à même de communiquer avec le sujet avec patience et bienveillance et contribueront, comme les parents, à l’encourager dans ses progrès.

En environnement scolaire, les enfants sujets à un TLE peuvent bénéficier, lors des examens, d’un tiers temps supplémentaire afin de ne pas être pénalisés. En outre, après une explication générale à l’ensemble de la classe, l’enseignant peut leur consacrer un moment pour leur relire la consigne d’un exercice et répondre à leurs questions. Des photocopies peuvent être distribuées afin d’éviter à l’élève de recopier l’énoncé d’un exercice, ainsi que des fiches spécifiques destinées à favoriser les apprentissages. Les devoirs peuvent être allégés d’un point de vue quantitatif : l’exercice de l’autodictée, par exemple, peut être moins long pour un élève souffrant de dyslexie.

Enfin, l’implication des responsables de l’enfant est tout simplement indissociable du processus de réapprentissage. Les jeux faisant appel aux lettres sont ainsi vivement recommandés, comme le scrabble ou le pendu. La lecture est bien évidemment encouragée. N’oubliez pas qu’un enfant aime « faire comme les grands » : s’il vous voit écrire ou lire régulièrement, même un magazine, il comprendra que cela peut être un plaisir et tendra à faire de même, tout en mettant du cœur à l’ouvrage. N’hésitez pas à souscrire un abonnement à la bibliothèque, d’autant plus que ces lieux culturels multiplient les activités à destination des jeunes publics. En outre, tous les prétextes sont bons pour recourir à l’apprentissage : demandez à votre fils ou votre fille d’écrire la liste de courses pour vous ou encore de vous lire à voix haute la recette de cuisine que vous prévoyez de faire ! La dédramatisation est importante, elle participera à la relaxation et au lâcher-prise de votre enfant. C’est bien connu, on assimile mieux lorsque l’on est serein.

Pourquoi ne pas négliger les TLE ?

Les TLE, par les difficultés durables qu’ils engendrent, impactent donc les apprentissages et activités de la vie quotidienne. Leurs conséquences psychologiques et sociales ne sont pas à minimiser non plus. Sans prise en charge, l’enfant sera confronté à un grand risque de manque de confiance en soi et de dépréciation de sa propre image. Il risquera ainsi de se replier sur lui-même et de développer des troubles relationnels ou comportementaux.

Enfin, sachez que 3 à 5 % des écoliers en France sont touchés par un trouble du langage écrit. Les études ont démontré que les jeunes enfants passant beaucoup de temps devant les écrans et non incités à relater leur visionnage à leurs parents, disposent d’un vocabulaire bien moins enrichi que leurs camarades du même âge réalisant des activités manuelles et intellectuelles. Cela met en exergue l’importance de la valorisation de la lecture et de l’écriture au sein du foyer, ainsi que de se consacrer à dialoguer avec son enfant au quotidien, afin de renforcer son acquisition d’un lexique complet, varié et qualitatif.